Lettre N°44 – Toulouse, le 20 Juin 2015, Une lettre d’avant les vacances ! Après la mobilisation du 30 Mai avec le jeu de rôle pour le climat, et du 13 Juin avec l’arrivée du Tour Alternatiba, quelques rencontres proposées par le Conseil Régional sur les enjeux de la COP 21 (Mardi 23 Juin et dates suivantes), le Marathon des mots et des idées sur la foi (26-28 Juin) et l’Université d’été de Castanet-Tolosan sur l’engagement (du 2 au 4 Juillet) cf ci-dessous et sur http://ccfd31.fr/ Un rendez-vous pour ceux qui sont disponibles : Vendredi 10 Juillet à 20h30, au local du CCFD 31 : re-lecture de notre bilan d’année, avec CVX. Des paroles entendues au cours d’un mariage : « L’engagement est une décision libre et personnelle. Certes, on est engagé au départ dans la vie comme tout le monde, à une place qu’on n’a pas forcément choisie. On peut en rester là et subir cet engagement passif dans le moule de notre société de plus en plus matérialiste, standardisée et basée sur la consommation. Mais on peut aussi réagir et s’engager pour changer, à son échelle, cette situation. » Une lettre à creuser pendant cet été : celle du pape François sur l’écologie annoncée dans sa lettre sur la Joie de l’Evangile « Nous aimons cette magnifique planète où Dieu nous a placés et nous aimons l’humanité qui l’habite. La Terre est notre maison commune et nous sommes tous frères. » cf ci-après. en pages 2, 3 , 4 et 5. N.B. Le financement participatif pour Alternatiba Toulouse est bouclé : rendez-vous les 12 et 13 Septembre sur les allées Jules Guesde… ou avant, pour la préparation cf https://alternatiba.eu/toulouse/ Les petits déjeuners de la Région Midi-Pyrénées s’engagent résolument vers la COP 21 en proposant un cycle de 4 matinéesdébats, autour de la Conférence internationale de Paris en Décembre prochain, à l’Hôtel de Région (métro P. de Justice) : COP 21 : comprendre la conférence de Paris. Enjeux et solutions locales, mardi 23 juin, de 9h à 11h. Climat et économies d’énergie, mardi 22 septembre, de 9h à 11h. Climat et milieux naturels, mardi 13 octobre, de 9h à 11h. Climat et énergies renouvelables, mardi 24 novembre, de 9h à 11h. Réservez votre place sur www.petitsdejeuners.arpe-mip.com Marathon des mots et des idées (rencontres libres et gratuites avec des écrivains, dans la limite des places disponibles) : « Peut-on ne pas croire en Dieu ? » - Vendredi 26 Juin à 11h, salle du Sénéchal : Jean-François Colosimo, auteur de « Les hommes en trop : la malédiction des chrétiens d’Orient ». - Samedi 27 Juin à 11h, salle du Sénéchal : Abdennour Bidar, auteur de « La lettre ouverte au monde musulman » et « Plaidoyer pour la fraternité ». - Dimanche 28 Juin à 11h, salle du Sénéchal (17 rue de Rémusat-métro Capitole) : Gilles Kepel, auteur de « Passion française, la voix des cités ». A l’Université chrétienne d’été de Castanet (église de Castanet- accès libre, participation aux frais) Jeudi 2 juillet, 9h30-12h30 : René Valette, président pendant 6 ans du CCFD-Terre Solidaire , universitaire à Lyon (études sociales, géographie, économie), membre associé de la commission « Justice et Paix France » Dans un monde déchiré, faire vivre l’utopie d’une citoyenneté planétaire Jeudi 2 juillet, 14h-17h Martin Pochon Jésuite, éducateur, membre de nombreuses associations, formateur au Centre d’études pédagogiques ignatien. La vie associative : lieu de révélation et d’intégration sociale des dynamismes Vendredi 3 juillet, 9h30-12h30 : Véronique Fayet, Présidente du Secours Catholique Caritas France depuis juin 2014. Adjointe au maire de Bordeaux et vice-présidente de la Communauté urbaine en charge des Solidarités et du Logement de 1995 à 2014. S’associer avec les plus pauvres : une ardente obligation. Vendredi 3 juillet, 14h-17h Bernard Devert Prêtre, fondateur du mouvement Habitat et Humanisme et cofondateur avec l’Université catholique de Lyon des Ateliers de l’Entrepreneuriat Humaniste. Vivre ensemble à l’épreuve des communautarismes dans un contexte de crise sociale et d’identité Samedi 4 juillet, 9h30-12h30 : Benoît Vandeputte ,Dominicain, aumônier général des Scouts et Guides de France, journaliste, enseignant en Grande école .« Catholique ouvert à tous » : concilier les inconciliables ? Samedi 4 juillet, 14h-17h : Hugues Puel, Dominicain, économiste, ancien directeur de « Économie et Humanisme » L’engagement citoyen Dans l'encyclique Laudato si’ Le pape François s’adresse à « chaque personne qui habite cette planète ». Il se propose également « d’entrer en dialogue avec tous au sujet de notre maison commune » (n° 3). Il souligne ainsi que tout le monde devrait se sentir concerné par la problématique écologique qui interroge nos façons de vivre. La démarche du pape François est celle d’un discernement qu’il conduit au long des six chapitres que contient l’encyclique. Il commence par évaluer la situation actuelle, en se référant aux résultats disponibles de la recherche scientifique (chapitre 1). Il expose ensuite la tradition judéo-chrétienne pour mettre en évidence les motifs d’un engagement en faveur de l’environnement (chapitre 2). Il propose ensuite de dépasser l’observation des symptômes de la crise écologique pour en interpréter les causes profondes (chapitre 3). Il avance ensuite une proposition d’écologie intégrale, à la fois environnementale, économique et sociale (chapitre 4). Delà, il définit des pistes d’orientation et d’action (chapitre 5). Il termine son parcours en indiquent des ressources spirituelles qui peuvent permettre à l’humanité de changer (chapitre 6). Le diagnostic – « ce qui se passe dans notre maison » – est sombre : pollution et changement climatique, menace sur les ressources d’eau potable, perte de la biodiversité, détérioration de la qualité de la vie humaine et dégradation sociale…« Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à notre maison commune qu’en ces deux derniers siècles », écrit le pape François qui fustige un modèle de développement qui conduit à la dégradation de l’environnement. Ce qui se répercute immanquablement sur la vie des personnes, à commencer par les plus pauvres. Il défend la thèse selon laquelle « il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale » (n° 139). « Ces situations provoquent les gémissem ents de sœur terre, qui se joignent au gémissement des abandonnés du monde, dans une clameur exigeant de nous une autre direction » (n° 53),. Plus de précisions sur : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Les-cles-pourcomprendre-l-encyclique-sur-l-ecologie-du-pape-Francois-2015-06-18-1324985?xtor=EPR-9-%5B1300863193%5D CCFD – Terre Solidaire, 28 rue de l’Aude 31400 Toulouse-ccfd31@ ccfd-terresolidaire.orghttp://ccfd31.fr/- tél. 05 62 47 21 39 du Lundi au Mercredi (de 14h30 à 17h30), sauf vacances. Dans la suite de cette lettre : nos réflexions sur l’écologie et le message des évêques pour les migrants. Pas de développement sans justice environnementale. Nous sommes heureux d’intervenir aujourd’hui (13 Juin) aux côtés du CROSI de Midi-Pyrénées et du tour tandem d’Alternatiba dont l’enthousiasme est contagieux… Quelques mots pour situer le CCFD-Terre solidaire, ONG chrétienne de solidarité internationale, créée en 1961 pour lutter contre la faim et c’est auj. la 1ère ONG française de développement. Il agit à travers 3 leviers : 1) appuyer environ 400 projets par an dans les Pays en Développement, sans assistanat; ils sont initiés et mis en œuvre par des associations locales, des partenaires, qui travaillent dans les domaines agricole, économique, éducatif et citoyen. 2) sensibiliser jeunes et adultes en France à la solidarité internationale, à l’aide de documents, rapports (Biens mal acquis, paradis fiscaux...) mais aussi des jeux, animations diverses 3) agir sur les causes profondes de la faim par le plaidoyer. La campagne en cours demande l’encadrement des investissements des multinationales dans les pays du Sud. ( « Des multinationales hors jeu : le marché a ses règles, mais les populations ont leurs droits ») En 2015, le CCFD-Terre solidaire veut porter un message fort sur la question de justice climatique… Pourquoi ? La mission première du CCFD-Terre solidaire est de lutter contre les causes structurelles de la faim, la pauvreté et les inégalités ; les questions de « viabilité écologique et de justice environnementale » sont un nouvel enjeu transversal pour tous les projets de développement qui s’est ajouté dans le nouveau Rapport d’Orientation du CCFD pour la période 2014-2020. Cela rejoint le travail de nombreux partenaires déjà engagés sur ces questions. Pour le CCFD, aujourd’hui, l’humanité est confrontée à 2 urgences : savoir vivre en harmonie avec la nature dans le respect de ses limites et savoir partager équitablement entre les peuples. Ces limites imposent de trouver un nouveau paradigme, respectueux de la dignité humaine et de l’environnement, liant les enjeux de justice écologique et sociale, dans une logique de solidarité internationale. Justice climatique ? Un point préliminaire : la question de la sécurité alimentaire. 800 millions de personnes souffrent encore de la faim en 2014 dans le monde et parmi elles, paradoxalement, 70% sont des paysans. Les changements climatiques vont peser sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays en développement. Si nous maintenons nos émissions de gaz à effet de serre au niveau actuel, ce sont 20% de plus, c à d 600 millions de personnes supplémentaires qui souffriront de la faim d’ici 2080 selon le PNUD, à cause de la mise en péril des cultures, des ressources de la mer... et de plus, ces pays ne sont pas ou très peu responsables du changement climatique. Un exemple au Pérou, où a eu lieu la dernière COP20 : nous avons le témoignage de l’association Cooper Accion qui accompagne les revendications des communautés paysannes dans le secteur minier. Un des ses animateurs, Marco Zeisser lance un cri d’alarme : « Le Pérou représente 0,4% des émissions. Mais il se situe dans une zone tropicale, il est très vulnérable et l’impact sera considérable. Le changement climatique en soi ne crée pas une rupture de système. Mais il va affecter des écosystèmes déjà fragilisés par l’exploitation minière. Pour ces régions, c’est une bombe atomique. La zone de maïs va passer au-delà de 3500m d’altitude. L’agriculture de montagne est déjà un écosystème fragile. La présence humaine assure la protection des sols, l’irrigation, l’aménagement du territoire, mais les paysans appauvris ont de moins en moins d’intérêt à rester. Une perturbation supplémentaire peut provoquer un effondrement de tout l’environnement et de toute la société qui en dépend. Le Pérou a aussi 3000 km de côtes poissonneuses. On ne sait pas ce que la modification des courants marins aura pour conséquence. » Positions du CCFD-Terre solidaire sur les accords climat - - un accord climatique international contraignant ; - une trajectoire de sortie des énergies fossiles et de développement des énergies renouvelables ; - des financements publics pour soutenir les efforts d’adaptation des populations vulnérables du Sud aux effets du changement climatique et à la construction d’un développement soutenable , faiblement émetteur de GES (le fond vert) ; - le refus d’une délégation au secteur privé du financement des objectifs climat /dévelopt (système de compensations qui considère la nature comme un bien économique) ; le refus des « fausses solutions portées » par des acteurs nonétatiques, notamment le secteur privé. La dénonciation des « fausses solutions » . Certains modèles promus par la communauté internationale dans le cadre de l’« agenda des solutions » sont en effet dangereux. Ainsi l’Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat, portée en marge des négociations climatiques internationales, entend ainsi proposer des mesures favorisant une agriculture compatible avec la lutte contre le changement climatique. Or elle favorise le modèle agro-industriel à grande échelle, avec des intrants chimiques et recours aux énergies fossiles, ainsi que les « solutions » des grands acteurs privés de l’industrie agroalimentaire (exemple des OGM). Tout cela représente un risque pour la souveraineté alimentaire des populations et l’environnement. Il y a aussi la NASAN, Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition lancée par le G8 et les chefs d’états de l’Afrique sub-saharienne en 2012 qui conduit les petits paysans à s’engager dans les mêmes pratiques néfastes : utilisation des semences OGM, d’intrants chimiques ; on aboutit à des échecs et à l’hypothèque de leur terres. Vous avez peut-être entendu à ce sujet le reportage du magazine Interception sur France-Inter dimanche dernier qui montrait les méfaits de ces contrats passés avec des petits producteurs de riz en Côte d’Ivoire. Un de ces projets était d’ailleurs accompagné par Proparco, qui dépend de l’Agence Française de Développement. Pour le CCFD-Terre solidaire, le double défi alimentaire et climatique impose a contrario de soutenir les agricultures familiales et paysannes et le développement de pratiques agro-écologiques ancrées dans les territoires, respectueuses des écosystèmes et basées sur les connaissances traditionnelles. Voici en er conclusion trois exemples d’actions de partenaires, le 1 pour résister aux catastrophes climatiques et les 2 autres dans le développement rural. 1 Les 7000 îles des Philippines sont parmi les plus exposées aux catastrophes naturelles. Le pays est classé 2è sur 171 sur l’échelle des risques (World Risk Index 2014) et les conséquences du changement climatique aggravent cette situation : typhons Haiyan en 2013, Hagupit en 2014. Depuis 2010, l’association IRDF (Integrated Rural Development Foundation) se mobilise. Répondant à l’appel du gouvernement, elle a monté un programme pour permettre aux communautés de faire face aux catastrophes et d’en limiter les conséquences en matière de sécurité alimentaire, en s’appuyant sur les organisations de base et les coopératives : 437 organisations locales dans 8 provinces bénéficient de ces formations. Le programme d’appui a permis de réaliser des cartographies en 3 dimensions des aires à risques dans la province de Sorsogon afin d’anticiper les problèmes. L’agriculture et la pêche ont été anéanties par le typhon Haiyan, d’où la mise en place d’un programme de réhabilitation : recherche de moyens de subsistance durable, diversification des activités, amélioration des outils de production, tout en protégeant l’environnement : 2000 familles y ont accès. 2 Au Laos, depuis 25 ans, ASDPS, l’association de soutien au développement pour les communautés paysannes, forme les paysans qui aménagent eux-mêmes des barrages de gabions (cages de fils de fer galvanisé remplis de grosses pierres) : cela permet l’alimentation de canaux d’irrigation, d’où la possibilité 2 récoltes de riz par an. Ils ont aussi renoncé au brulis qui détruisait la forêt. ASDPS incite à des cultures bio pour valoriser la qualité de la production par rapport à la concurrence, elle a aussi développé du micro-crédit et créé une coopérative de transformation alimentaire. (interview de Sisaliao Svengsuksa sur le site du CCFD et dans FDM de juin 2015). 3 Au Sénégal, en Casamance, l’association ACTSOL, Action de Solidarité pour le Développement promeut l’agroécologie et l’agriculture familiale dans un pays où l’abus de pesticides a usé la terre et où l’on a dû importer des produits alimentaires. Elle a développé une ferme école écologique à Ziguinchor qui permet de revenir aux pratiques ancestrales avec des améliorations techniques modernes : un moyen pour de redonner vie aux sols et retrouver la sécurité alimentaire. Un moyen aussi de former les jeunes fils et filles de paysans qui vont diffuser l’agro-écologie dans leur exploitation familiale. Nous avons accueilli un des animateurs d’ACTSOL dans la région en mars dernier. Il nous a partagé son espoir devant les mobilisations qu’il a rencontrées ici et les projets locaux qu’il a découverts : AMAP, Jardin partagé, associations environnementales, chambre d’agriculture (de Perpignan)… Avec l’effort de tous ces partenaires, avec les nôtres ici, un autre monde est possible… Françoise Laborde « Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés » (Dt 10, 19). Pour un changement de regard sur les migrants... Les récents drames de migrants à la dérive en Méditerranée et en mer d’Andaman ont, une fois encore, sollicité notre émotion et notre compassion. Des hommes, des femmes et des enfants prennent des risques extrêmes sur mer pour chercher une terre d’accueil, alors que trafiquants et parfois autorités étatiques ou forces armées se comportent avec une inhumanité que l’on croyait révolue. En écoutant les medias diffuser dans le monde entier des scènes d’horreur ... Souvenons-nous ... Vous avez été des exilés ! De nombreuses voix ont manifesté leur indignation devant ces évènements. Il est bon qu’il en soit ainsi. Nous nous adressons ici aux catholiques de notre pays pour les inviter à prendre du recul devant ces évènements récents, à changer de regard sur les migrants, à agir en citoyens auprès des autorités de l'Union Européenne qui se réuniront les 25 et 26 Juin... bref à ne pas se taire après l'émotion légitime. En ne laissant pas l'émotion retomber ... Souvenons-nous... Vous avez été des exilés ! Les migrants ne sont pas des problèmes, ce sont des hommes, des femmes, des enfants : des êtres humains. Les migrants ne doivent pas être considérés d’abord comme un risque ou une atteinte potentielle à la souveraineté étatique. Il faut sortir d’une vue exclusivement sécuritaire ou policière du phénomène des migrations. L’enseignement social de l’Eglise est connu. La personne humaine doit être au centre de nos réflexions. On ne peut jamais instrumentaliser l’être humain. La souveraineté d’un Etat n’est jamais absolue, car il faut prendre aussi en compte le bien commun le plus large qui dépasse tout Etat particulier. En interpellant nos états et les responsables européens... Souvenons-nous...Vous avez été exilés ! Il faut dédramatiser la question : la France est un pays de migrations réussies. Chacun peut chercher dans l’histoire de sa famille ou dans l’histoire des migrations les signes d’un accueil ou d’une intégration réussie. Il ne s’agit pas de nier les difficultés passées ou présentes. Mais s’appuyer sur les histoires de réussite de la migration pour chercher ce qui favorise l’accueil, la fraternité, le vivre ensemble. De nombreux concitoyens connaissent des problèmes de chômage, de logement, d’exclusion, de discrimination... les migrants ne sont pas responsables de ces maux sociaux, ils en sont victimes, souvent plus que d’autres résidents du pays. A nous de trouver les moyens d’associer ces migrants pour qu’ils puissent devenir un élément de la solution de nos maux sociaux. En célébrant les moments et les modalités d'un Vivre ensemble réussi ... Souvenons-nous... Vous avez été exilés ! Le nombre des migrants explose lorsqu’on a affaire à des Etats en faillite, ils sont des centaines de milliers, des millions. De ces migrants provenant d’Etats faillis, la France et l’Union Européenne n’en accueillent qu’une proportion minime. Ce sont les pays voisins des Etats faillis qui en portent le poids. C’est la responsabilité de la communauté internationale de venir en aide à ces « réfugiés » et de restaurer le fonctionnement des Etats en faillite. L’histoire des migrations nous enseigne l’importance des acteurs non étatiques dans l’accueil et l’accompagnement des migrants : famille élargie, associations de migrants, groupes de soutien, communautés ethniques ou nationales d’appartenance, communautés religieuses, collectivités locales, services publics de proximité (école, emploi)… Il faut tirer de l’histoire des leçons pour l’action d’aujourd’hui. En participant activement à la construction d'un monde vraiment solidaire... Souvenons-nous... Vous avez été exilés ! L’idéal serait évidemment de favoriser une coopération entre la société de départ et la société d’accueil, entre les associations de migrants et les associations d’originaires… on sait l’importance que jouent les diverses diasporas dans le monde d’aujourd’hui, pour le développement et parfois la survie des communautés d’origine des migrants. En partageant les richesses communes et en multipliant les partenariats avec les plus fragiles... Souvenons-nous... Vous avez été exilés ! Nous n’avons pas voulu indiquer de recettes miracles pour la gestion des migrations. Car il n’y en a pas. Toute instrumentalisation des migrants est à rejeter, elle est contraire aux droits de l’Homme, fondements de notre ordre politique. Elle est contraire à l’enseignement social de l’Eglise. Le migrant est d’abord une personne humaine. Souvenons-nous… Vous avez été des exilés ! La générosité des valeurs fondatrices de l’Europe ne peut faire l’impasse sur la lutte contre les trafiquants, ni sur la nécessaire coopération avec les pays d’origine afin de favoriser la stabilité des résidents. Nous appelons à un changement de regard sur les migrants... et nous suggérons que chaque communauté sache, le dimanche 21 Juin accompagner sa prière d’un geste de rencontre, de partage, de jeûne, de silence, d'information. Souvenons-nous ... Vous avez été exilés ... ! Message de Mgrs Dognin, Blaquart et de Dinechin
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