Schéma directeur pour la ville numérique 2015 - 2020

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Repères
Schéma directeur
pour la ville numérique
2015 - 2020
Février 2015
A - L’état des lieux
Des systèmes d’information, levier de modernisation de l’administration
Grâce aux investissements réalisés depuis
2002 dans le cadre de ses deux schémas directeurs des systèmes d’information (SDI),
la collectivité parisienne dispose d’atouts
importants pour construire une ville numérique :
• des infrastructures de stockage, de
transport et de traitement de l’information performantes, qui nous ont
permis de faire face à l’explosion des
usages tout en maîtrisant les dépenses
de fonctionnement ;
• un réseau très haut débit couvrant l’ensemble de nos sites.
Ces infrastructures constituent le socle
technique nécessaire à la mise en œuvre
des projets de la Ville Intelligente et Durable.
• Toutes les directions et mairies partagent
désormais les mêmes outils pour gérer les fonctions supports (programmes
RH21 et Sequana). La mise en œuvre de
ces systèmes d’information transverses
et la dématérialisation des process
qu’elle entraîne ont permis de réaliser
des gains notables d’efficacité et d’efficience. La quasi-totalité des métiers de la
gestion de l’espace public, de la gestion
des équipements (culture, sport, scolaire,
petite enfance) et du domaine social est
désormais informatisée, au bénéfice des
agents et des usagers. Le déploiement
de plus d’une centaine de télé-services
a contribué à simplifier les démarches
pour les usagers.
Ce bilan très largement positif ne doit pas
toutefois occulter les quelques lacunes et
faiblesses qui perdurent.
Nos axes de progrès
Le déploiement des systèmes d’information n’a pas toujours été accompagné des
adaptations des procédures internes et de
l’organisation qui auraient permis d’en tirer
le meilleur parti. L’appropriation de certains
systèmes d’informations, puissants mais
complexes, a parfois été difficile pour les
agents.
Parisiens, Franciliens ou visiteurs occasionnels, ont profondément évolué en quelques
années : ils attendent de la Ville de Paris
qu’elle mette en œuvre toutes les solutions
visant à simplifier et à améliorer leur vie
quotidienne, en apportant une réponse personnalisée à leur propre situation.
Quelques métiers ne disposent pas encore des outils adaptés à leurs besoins, par
exemple la fonction immobilière.
Enfin, les services numériques ont été développés par métier, sans prêter suffisamment attention à la cohérence globale de
l’offre proposée aux usagers ni à la facilité
d’usage et, dans certains secteurs, la qualité du service à l’usager n’est pas encore
au niveau attendu. Ce point est d’autant
plus important que les attentes des usagers,
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B - L’ambition du schéma directeur pour la ville numérique
Une stratégie numérique centrée sur l’usager et le territoire
Le schéma directeur informatique pour la
ville numérique (SDVN) 2015-2020 a été élaboré en cohérence avec le plan d’action de la
ville intelligente et durable, dont il constitue
le socle technologique de transport d’information et de géolocalisation des données.
Le SDVN s’attache à développer et à améliorer le service offert par les systèmes
d’information (SI) à leurs différents usagers, internes ou externes, afin de favoriser
l’émergence de nouveaux services au bénéfice de l’usager, à coût maîtrisé.
Les conditions du succès
Réussir pleinement la Ville numérique implique :
•un effort de mise en cohérence des
données et des outils, pour offrir à
l’usager un service unifié et simplifié. Cela vaut non seulement pour le
Parisien (espace personnalisé « Mon
compte » sur Paris.fr), mais aussi pour
les agents qui doivent pouvoir accéder
Il vise :
•la constitution d’une offre globale de
services numériques personnalisée
pour les usagers de la Ville. Cette offre
s’accompagnera d’une mise en cohérence des différents canaux d’échange
(téléphone, accueil guichet, paris.fr,
email, smartphone, etc.) afin d’unifier la relation de l’usager avec la Ville.
Elle s’accompagnera également d’une
poursuite de la politique d’inclusion
numérique afin de réduire les inégalités d’accès ;
•la recherche de gains de qualité et
de productivité, pour assurer un service public de haut niveau, à moindre
coût ;
•la poursuite de la politique d’Open
Data pour rendre aux Parisiens les données qui les concernent, développer la
réutilisation et favoriser l’émergence
d’un écosystème d’éditeurs et de startups parisiennes. Cette nouvelle phase
mettra l’accent sur l’accompagnement
des services dans l’appropriation de la
démarche et le développement de la
diffusion de données dynamiques.
facilement à leurs outils de travail numériques avec un accès unifié et plus
ergonomique au système d’information avec le développement de solutions de mobilité ;
•de nouvelles méthodes de développement s’appuyant, d’une part, sur
des démarches souples, dites agiles,
intégrant mieux l’évolutivité des systèmes, et, d’autre part, sur une attention portée tout au long des projets à
l’appropriation par les usagers. Le recours à des solutions libres restera privilégié chaque fois qu’elles offrent une
réponse satisfaisante aux besoins ;
•la mise en place d’une gouvernance
adaptée impliquant les services
concernés pour maintenir la dynamique dans la durée et piloter la réussite de la mise en œuvre de ce schéma
directeur.
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Le SDVN s’inscrit pleinement dans les objectifs de la mandature :
•en termes de contenu, par le choix
des projets à mener prioritairement ;
•au plan de la méthode suivie, en associant les usagers et les agents à la
conception des services qui leur sont
destinés ;
•en termes de gouvernance, des représentants de l’exécutif municipal participant désormais aux principales instances.
C - Les projets du SDVN
Les projets à conduire au cours de la mandature ont été regroupés en trois domaines :
•l’offre de services numériques pour les
usagers particuliers, professionnels,
associations, élus et agents et sa structuration au sein du compte unique parisien ;
•les services au métier pour les usagers,
le territoire et les fonctions support
(finances, RH), ainsi que des fonctions
transversales (informatique décisionnelle, système d’information géographique) ;
•les infrastructures : poste de travail, réseau et hébergement pour l’essentiel.
L’offre de services numériques
1. Le programme phare du domaine est le
compte unique parisien qui comprend
plusieurs projets SI et organisationnels :
constitution d’une base des comptes pour
gérer l’authentification unique, construction et gestion d’un référentiel usagers,
organisation et outillage de la gestion de
la relation usagers via les différents canaux, déploiement d’un portail usagers
unifié sur le nouveau site Paris.fr. Ce projet, qui vise d’abord les particuliers, sera
ensuite décliné pour les usagers professionnels et associations.
2. Le deuxième axe est l’enrichissement
de l’offre de services numériques visant à faciliter les démarches des usagers
(prise de rendez-vous, inscription, billetterie, paiement), développer la participation des citoyens à l’élaboration des politiques publiques municipales (plateforme
d’idéation, budget participatif, e-pétition),
favoriser la mise en relation des acteurs
de la Ville (plate-forme d’intermédiation
entre associations et citoyens) ou encore
permettre aux Parisiens de co-construire
les services (développement du crowdsourcing par l’extension de l’application
DansMaRue).
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3. Le troisième axe vise à favoriser la
construction collaborative de services
grâce à l’amplification de la politique
d’OpenData : publication de nouveaux
jeux de données (dont des données dynamiques), mise à disposition d’Api (interfaces de programmation) etc.
4. Cette stratégie d’unification et de développement de l’offre de services numériques
n’oublie pas les agents de la Ville et les
élus : il s’agit de mettre à leur disposition
les outils et les informations permettant
d’accompagner l’évolution de leurs activités : simplification de l’accès au système
d’information (compte unique agents,
portail d’information RH et métier personnalisé) en particulier pour les agents
des mairies d’arrondissement en front
office, développement de versions mobiles de certaines applications métiers,
parapheur électronique pour faciliter la
mise en œuvre de la dématérialisation
des process, restitutions cartographiques
et tableaux de bord d’aide à la décision
pour les élus, etc.
Les services métier
En ce domaine, le SDVN vise plusieurs objectifs :
•Outiller les fonctions métiers qui ne
disposent pas encore de système d’information à la hauteur de leurs besoins :
SI Immobilier, SI préparation budgétaire, SI établissements de santé, SI périscolaire.
•Mieux gérer l’espace public : développement du Système d’Information
Géographique unifié et ouvert sur la
métropole.
•Continuer à améliorer l’efficience
des fonctions supports : en ouvrant
certaines applications à des usages en
mobilité, en améliorant l’ergonomie
des SI pour en faciliter l’appropriation
par les agents et en poursuivant la dématérialisation des process : mise en
place de l’archivage électronique, développement de la gestion électronique
de documents.
•Renforcer nos capacités de pilotage
et d’évaluation en développant les
outils décisionnels.
Les infrastructures
Notre ambition est le développement d’une
informatique responsable et durable, la
réduction du coût de possession informatique, l’optimisation des ressources notamment via une utilisation maîtrisée du cloud,
la valorisation du patrimoine existant et le
développement des usages, y compris ceux
tournés vers l’externe (offres de services aux
partenaires et aux Parisiens).
Les principaux projets du domaine englobent :
•les projets relevant de la Ville Intelligente et Durable : extension du Paris
WiFi et utilisation du réseau Très Haut
Débit pour construire de nouveaux
services dans le cadre de la Ville Intelligente et Durable (objets connectés, télémaintenance, etc.) ;
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•la généralisation de la téléphonie sur
IP, qui permet de diminuer les frais de
fonctionnement ;
•la recherche d’une solution maitrisée
économiquement, durable et innovante pour le data center.
D - Le budget
L’enveloppe SDVN inscrite au PIM s’élève à 180 M€.
Nouveaux projets SDVN (y compris reliquat projets SDI2)
Projets usagers et espace public
Projets internes
Projets infrastructures
63 M€
37 M€
16 M€
10 M€
Investissements SDVN dédiés au Maintien en condition opérationnelle (MCO)*117 M€
Postes de travail (25 000 postes) 27 M€
Téléphonie 15 M€
Autres Infrastructures (réseaux et serveurs) 32 M€
Tierce Maintenance applicative 43 M€
* L’enjeu de ces investissements en MCO est de garantir la continuité de service car la quasi-totalité
des métiers de la Ville est tributaire du bon fonctionnement des SI pour offrir aux Parisiens le service qu’ils sont en droit d’attendre.
Cela implique de renouveler régulièrement les matériels (postes de travail, équipements téléphoniques,
équipements réseaux et serveurs) et de maintenir à
niveau les logiciels correspondants.
Il nous faut également assurer la maintenance des
450 applications en service et réaliser les évolutions nécessaires, dictées par des facteurs exogènes
(par exemple, une évolution réglementaire ou la
mise en œuvre d’échanges de données d’état civil
avec l’État) ou par des décisions internes (par exemple,
l’impact des réorganisations, la création d’interfaces
entre applications pour la mise en place du compte
unique usager, ou l’amélioration de l’ergonomie pour
faciliter le travail des utilisateurs).
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E - Gouvernance et organisation
Gouvernance du SDVN
Trois instances assurent la gouvernance
centrale du SDVN :
•le Comité Stratégique des Systèmes
d’Informations (CSSI), qui valide la
programmation annuelle des investissements, l’organisation de la fonction
SI, les processus de gouvernance et
suit l’exécution du SDVN, est co-présidé par l’Adjoint chargé des ressources
humaines, des services publics et de la
modernisation de l’administration et le
Secrétaire Général et réunit deux fois
par an la DSTI, la DFA, la DRH, la DICOM,
la DDCT en présence du cabinet de la
Maire et des adjoints aux finances et à
l’urbanisme ;
•le Cl@p, instance plus opérationnelle
qui valide le lancement de chaque projet, réunit la DSTI, les directions concernées par le projet, sous présidence du
Secrétariat Général et en présence des
collaborateurs des élus concernés et
du cabinet de la Maire ;
•le Cosnum, comité de pilotage du portefeuille de projets de services numériques, réunit mensuellement la DSTI,
la DICOM, la DDCT et la DFA, sous présidence du Secrétariat Général et en
présence des cabinets de la Maire et
de l’Adjoint chargé des ressources humaines, des services publics et de la
modernisation de l’administration.
Organisation de la fonction informatique
Établie en 2002, la répartition des rôles entre
les directions maîtres d’ouvrage et la DSTI
n’est plus aujourd’hui adaptée à nos besoins. Pour optimiser notre fonctionnement
collectif, il est proposé de mener plusieurs
réformes visant à une meilleure utilisation
de nos ressources financières et humaines :
•réorganisation par pôle géographique,
sous pilotage DSTI, de l’assistance informatique de proximité actuellement
assurée par 450 personnes (240 ETP)
dispersées dans les services ;
•centralisation de la fonction géomatique (gestion des systèmes d’information géographiques - SIG) ;
•évolution de la relation maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre informatique
suite à une mission de l’IG qui se déroulera en 2015 ;
•regroupement de la gestion de l’ensemble des budgets informatiques et
des équipements et applications informatiques au sein du SDVN (a minima
dans les instances de gouvernance) ;
•enfin, pour diminuer le recours à la
prestation externe et gagner en réactivité, la DSTI se dote d’une capacité interne de production rapide de services
numériques d’ampleur limitée (charge
inférieure à 100 j.h. et délai inférieur à
3 mois).
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